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| Lundi 12 Mai 2008 |
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Au cours de sa vie,
d'une quinzaine d'années, un bus de la Ratp encaissera plus de
400 000 kilomètres dans les roues. Mais sa vie sera ponctuée
d'accidents, de pannes, de dégradations, de dépannages,
de modernisations... Ce n'est vraiment pas de tout repos que d'être
un R312, un Agora, un Citaro, ou encore un GX 317 de la Ratp...
Alors, découvrons ensemble ces titans du bitume, ces géants de tôle et de verre
qui passent désormais quasiment inaperçus dans le paysage
urbain...
Pour commencer, la Ratp prend la décision d'investir dans du nouveau matériel
pour renforcer ou remplacer le parc des anciens matériels d'une
ligne. C'est alors qu'une commande de bus est passée à des
fournisseurs tels que Evobus ou Irisbus... Un cahier des charges est réalisé
pour déterminer l'équipement des futurs bus, les normes
à respecter au niveau technique, les aménagements spéciaux
à installer, les dimensions, la consommation... C'est alors que
la réalisation d'un prototype prend forme. Celui-ci sera testé
par la Ratp dans des conditions d'exploitation d'une ligne "qui charge",
c'est-à-dire une ligne qui transporte beaucoup de monde. Des lignes "Pilote" sont en général choisies pour réaliser ces tests (comme les lignes 21, 26, 38...).
Une fois testé et approuvé, le prototype fait place à la production
des bus en masse. La livraison de ces bus s'effectue ensuite par voie
ferrée ou bien par voie routière, et en général
de nuit. Une fois réceptionnés, ces bus vont être
vérifiés et testés un par un par le personnel du
bureau d'Etudes Essais et Réception (EER). Si un défaut
est signalé, le bus repart chez le constructeur afin d'être
réparé. Si le bus ne présente aucun défaut,
il peut se voir affecter un numéro de coquille
et une carte grise. Le numéro de coquille est communiqué
à la préfecture de police et le bus peut désormais
commencer à être mis en exploitation.
L'avantage des numéros de coquille (allant de 0001 à 9999)
est que lors d'une mutation d'un bus vers un centre bus d'un département
différent, l'immatriculation n'a pas besoin d'être refaite...
Notez bien que l'adresse du propriétaire indiquée sur la
carte grise est le siège social de la Ratp, situé 54 quai
de la Rapée à Paris ; et non pas l'adresse du centre bus.
Avant son exploitation, le bus va être équipé afin de répondre
aux exigences du trafic et de la régulation Ratp. Il va être
équipé des systèmes de téléphonie,
de caméras et d'un disque dur pour la vidéo-surveillance,
du précieux ICS (Interface Conducteur
Système), et d'autres équipements plus ou moins importants.
Il va aussi se voir attribuer une girouette
du centre bus dans lequel il est, ainsi que des bandeaux de la ligne sur
laquelle il va rouler.

bandeau d'un bus de la ligne 216
Les bandeaux en fer ont été remplacés par des autocollants ou des bandeaux en PVC...
En effet, lorsqu'un bus passait dans des manifestations, les bandeaux
étaient souvent enlevés des véhicules par les manifestants,
et leur servaient de projectiles. Pour assurer le service partiel, le
machiniste dispose d'une plaque en plexiglass derrière son siège
pour poser sur le socle avant droit du véhicule, par dessus le
bandeau autocollant.
Voici le bus enfin paré à arpenter le bitume de la ligne sur laquelle
il est affecté !
Le machiniste, quant à lui, arrive au centre bus et se présente au "contrôleur de sortie" pour se faire pointer et se faire annoncer son numéro de service, le nom de la personne qu'il remplace si il y a lieu, et prendre son numéro de police pour pouvoir prendre son radar (les radars sont classés par numéro de police). Le machiniste va ensuite
dans la salle du personnel pour prendre son service et son café ;-). Il rentre dans l'ordinateur
le numéro de sa ligne, le numéro de son service, le numéro de coquille de son bus, et son matricule. Il reçoit ensuite
une feuille de route sur laquelle sont indiqués le numéro
du bus qui lui est affecté et son emplacement dans le centre. Il reçoit en outre un radar. Un check-up (théorique) de 20 minutes doit être effectué, c'est ce que l'on appelle "la prise en compte du véhicule" :
un tour du bus s'impose pour vérifier les optiques, la carosserie et les pneus... Théorique, en effet, car entre la prise de service du machiniste et son heure de sortie il n'a que 10 minutes pour trouver la voiture, faire le tour du bus, et s'installer. En cas d'habillage, MRB pose les bandeaux de la ligne sur laquelle le bus va rouler...
Il est temps de remplir sa feuille de route, sur laquelle le machiniste écrira manuellement son nom, son matricule, son numéro de service. Chacun des machinistes utilisant ce bus dans la journée feront de même.
Voici enfin notre machiniste au volant... Mais que voit-il exactement ?

Poste de conduite d'un Agora

Commandes à gauche du machiniste (cliquer sur l'image pour agrandir)
Comment fait-il pour s'y retrouver dans tous ces boutons ?! 
Le machiniste a suivi une formation de machiniste-receveur au NEF (Nouvel
Espace Formation). Le NEF forme les machinistes à la conduite,
à la mécanique de base, à des modules commerciaux,
à l'utilisation des instruments du bus...
Une fois installé au poste de conduite, le siège se règle
automatiquement en hauteur (grâce à un système à
air comprimé) pour que le machiniste soit assis dans une position
optimale de conduite et ainsi éviter les courbatures, les maux
de dos... Le volant, quant à lui se règle manuellement. Il ne reste plus qu'à régler les rétroviseurs
et à remettre le contact avec les batteries. Les équipements
s'initialisent alors (ICS, vidéo-surveillance...).
Il reste à paramétrer l'ICS. En effet, sur les bus récents,
pour afficher la destination sur la girouette, le machiniste doit au préalable
rentrer le code de mission (par exemple : sur le 129, rentrer 01 pour
afficher Porte des Lilas, 02 pour afficher Mairie de Montreuil, 03 pour...).
Le machiniste doit aussi rentrer le numéro de service, la police
et son matricule dans l'ICS. Sur les lignes de bus équipées d'Altaïr, il n'est pas nécessaire
de rentrer le code mission à chaque terminus. Cela se fait automatiquement.
En théorie le machiniste est aussi censé faire un test (le fameux petit bouton "test" de l'ICS) qui permet de verifier que l'alarme discrète fonctionne.

Présentation succinte de l'ICS
Il est enfin temps d'allumer le bus.
Suite en cours de construction...
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