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| Vendredi 04 Juillet 2008 |
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Porte de Clignancourt
L'ancien hameau de Clignancourt appartenait à l'abbaye de Saint-Denis. L'étymologie
du nom provenait peut-être de Cleninus, antique propriétaire. En 1569, la seigneurie
de Clignancourt fut vendue à Jacques Ligier, trésorier général du cardinal de
Bourbon, qui y édifia une chapelle dédiée à la Sainte Trinité. L'ensemble fut
racheté en 1669 par l'abbaye de Montmartre. Le hameau fut annexé à Paris en 1860,
on donna son nom à la porte des fortifications qui le protégeait.
Simplon
Col à 2009 m d'altitude des Alpes suisses, entre le Valais et le Piémont, où Napoléon
Ier fit édifier une route en 1807. A proximité, deux tunnels ferroviaires relient
la Suisse à l'Italie, le premier ouvert en 1906, le second en 1922.
Marcadet-Poissonniers
La rue Marcadet tient son nom d'un lieu-dit : la Mercade, situé à la chapelle
Saint-Denis. Peut-être qu'on y tenait un marché, Marcadus, à l'époque de la foire
du Lendit. La rue des Poissonniers est l'ancien chemin des poissonniers emprunté
dès 1307 par les marchands de poissons pêchés dans la mer du Nord.
Château Rouge
C'était une belle demeure, en pierre et briques, édifiée en 1780. Elle servit
de poste de commandement à Joseph Bonaparte en 1814. La propriété fut divisée
en 1844. Il ne resta bientôt plus que la partie centrale du pavillon qu'un certain
Boboeuf transforma en bal public, très en vogue de 1848 à 1864. C'est là que se
fomenta la révolution de 1848. Le bal du Château Rouge ferma en 1882 et fut démoli.
Barbès-Rochechouart
Le révolutionnaire Armand Barbès (1809-1870) fut député d'extrême gauche en 1848.
Emprisonné cette même année, puis gracié en 1854 par Napoléon III, il préféra
l'exil aux Pays-Bas.
Marguerite de Rochechouart de Montpipeau fut l'une des 46 abbesses de Montmartre.
Elle dirigea le monastère de 1717 à 1727, pendant la régence de Philippe d'Orléans.
Gare du Nord
Point de départ de la Compagnie des Chemins de Fer du Nord, elle fut reconstruite
en 1863 et 1864 par Hittorff. La partie principale, percée de trois arcades gigantesques,
est surmontée d'un pignon que dominent les statues personnifiant Paris et huit
grandes villes étrangères desservies par la compagnie.
Gare de l'Est
La Compagnie des Chemins de Fer de l'Est faisait partir ses trains de cet édifice
bâti par Duquesnay. Gare Stratégique pour les fronts de l'est, elle fut transformée
et agrandie à plusieurs reprises. En 1930, Varenne lui a sculpté les statues de
Strasbourg et de Verdun en mémoire des guerres de 1870 et 1914-1918.
Château d'Eau
Au début du XIXème siècle, le carrefour de la rue du Faubourg-du-Temple et du
boulevard du Temple formait une placette qui fut appelée jusqu'en 1879 : la place
du Château d'Eau. Son nom venait de la fontaine de Girard qui la décorait depuis
1811. La placette devint la place de la République et la fontaine fut déplacée.
Strasbourg - Saint-Denis
La capitale d'Alsace, ville symbole des douloureuses rivalités du passé, donna
son nom au récent boulevard de Stasbourg. Cette vaste artère taillée par le baron
Haussmann, menait à l'embarcadère du même nom devenu depuis la gare de l'Est.
Saint Denis, apôtre des Gaules et premier évêque de Paris, donna son nom à sa
ville et à son abbaye. La rue qui porte son nom mène à la commune de Saint-Denis
depuis les Mérovingiens. Elle finit par la porte de Saint-Denis, construite en
mémoire des triomphes de Louis XIV en Hollande et en Allemagne.
Réaumur-Sébastopol
Le chimiste et physicien français René Antoine Ferchault de Réaumur (1683-1757)
inventa le thermomètre à alcool et étudia les aciers et les insectes. Sébastopol,
ville d'Ukraine, fut prise d'assaut pendant la guerre de Crimée en 1855 par les
Franco-Anglais après une année de siège.
Étienne Marcel
Riche drapier (1316-1358), il devint prévôt des marchands de Paris. Il soutint
les réformes proposées par une fraction de la noblesse aux Etats Généraux de 1355-1357.
S'opposant au Dauphin, il chercha alliance avec les villes flamandes, puis avec
le roi de Navarre. De plus en plus isolé, il fut assassiné par Jean Maillard,
un des chefs du parti royaliste.
Les Halles
Jadis, le quartier ne comportait que des champs mis en culture sur d'anciens marais,
les Champeaux. En 1135, le roi Louis XV le Gros y installa un marché public auquel
Philippe-Auguste réunit, en 1183, la foire Saint-Ladre (ou Saint-Lazare). Pour
abriter les marchandises, if fit construire deux bâtiments. On les appela les
Halles. Au fil des siècles, elles s'agrandirent. Vers 1860, elles furent remplacées
par dix pavillons construits par Baltard. Ce vaste marché fut transféré à Rungis.
Châtelet
En 1130, Louis VI le Gros édifia un petit château fort ou châtelet. Agrandi et
remanié par les souverains successifs, il devint l'un des édifices les plus sinistres
de tout Paris. La prévôté y siégeait. Des prisons occupaient l'aile est. Ce grand
châtelet fut démoli entre 1802 et 1810. Les théâtres du Châtelet et Sarah Bernhardt
sont de 1862.
Cité
La plus grande des îles était peuplée par la tribu celte des parisii du clan des
Sénons. Deux passerelles reliaient les rives à l'île mais seule celle-ci était
habitée. Les romains occupèrent Lutèce en 52 avant J-C Ils restèrent 500 ans et
assurèrent sa prospérité. Ils édifièrent un temple en l'honneur de Jupiter. En
528, Childéric éleva une église dédiée à Notre Dame. En ruine, Maurice de Sully
décida de la remplacer par une cathédrale dont le pape Alexandre III posa le première
pierre en 1163. Tout fut terminé sous Philippe VI, soit environ 170 ans après.
La cathédrale n'échappa ni aux XVIIème et XVIIIème siècles, époques néfastes pour
le Gothique, ni aux outrages de la Révolution. Elle doit sa restauration à Victor
Hugo qui réveilla les consciences et à Viollet-le-Duc qui l'entreprit.
Saint-Michel
Il est l'archange de Lumière qui triompha du prince des Ténèbres. De nombreux
monuments lui sont dédiés. Le boulevard Saint-Michel et sa fontaine ne dérogent
pas à cette évolution. La dite fontaine fut érigée en 1860, avec un Saint-Michel
en bronze par Duret.
Odéon
D'abord, Théâtre-Français, il fut construit de 1779 à 1782 par Peyre et de Wailly
à l'emplacement des anciens jardins de l'hôtel de Condé. En 1789, il devient Théâtre
de la Nation, puis en 1793, Théâtre-Egalité. Fermé sous la Terreur, il rouvrit
en 1797 sous le nom d'Odéon. Il brûla en 1799, fut restauré, et devint Théâtre
de l'Impératrice. Il brûla de nouveau pour enfin rouvrir en 1819.
Saint-Germain-des-Prés
Childéric I, fils de Clovis, fit bâtir une basilique à la demande de Saint Germain,
évêque de Paris. Ce dernier y fut inhumé, l'église prit dès lors son nom. On rajouta
le qualificatif "des-Prés" pour la proximité des Prés-aux-Clercs et pour la distinguer
de Saint-Germain-le-Vieux édifié dans la cité. Ravagée par les Normands, l'église
fut reconstruite entre 990 et 1014. Ce sont ses vestiges et ceux de son abbaye
qui sont encore visibles.
Saint-Sulpice
L'église actuelle, dédiée à Saint Sulpice, évêque de Bourges en 621, remplace
une première église de 1211, devenue trop petite. Commencée par Gamard en 1646,
sa construction fut longue et épisodique et se prolongea jusqu'en 1788.
Saint-Placide
La coutume le raconte comme disciple de Saint Benoît sauvé de la noyade par Saint
Maur. La rue qui lui est dédiée fut percée en 1644.
Montparnasse-Bienvenüe
Une colline artificielle se dressait à l'actuel carrefour Montparnasse-Raspail,
constituée par de séculaires amas de gravats. Les étudiants du début du XVII siècle
l'appelaient avec humour le Mont Parnasse, résidence des dieux de la mythologie.
Cette butte fut rasée en 1725, mais a donné son nom à l'artère qui fait partie
de la série des boulevards de Midi dont la construction fut prescrite en 1704
par Louis XV.
Fulgence Bienvenüe (1852-1936) était ingénieur des Ponts-et-Chaussées. Comme Inspecteur
Général de la Ville de Paris, il dirigea les travaux du métropolitain, l'oeuvre
de sa vie. Jusqu'en 1910, la station se nommait Maine, à cause de la route qui
conduisait au château du duc du Maine, fils légitime de Louis XIV. Entre 1910
et 1942, elle porta uniquement le nom de Gare Montparnasse, point de départ de
la Compagnie des Chemins de Fer de l'Ouest pour la Bretagne.
Vavin
Alexis Vavin (1792-1863) était notaire. Elu député de Paris en 1839, il fit partie
de l'Assemblée Constituante, puis de l'Assemblée législative. Favorable à la monarchie,
il s'opposa au coup d'état de Napoléon III.
Raspail
François Vincent Raspail (1797-1878), chimiste, il devint populaire par ses ouvrages
de vulgarisation scientifique et ses almanachs. Ardent républicain, il participa
activement aux révolutions de 1830 et 1848. Elu député en 1848, il ne put siéger
parce qu'incarcéré. Candidat malheureux à la Présidence de la République, il fut
bannit en 1849 et se retira en Belgique jusqu'en 1863. Il finira sa carrière politique
comme député des Bouches-du-Rhône.
Denfert-Rochereau
Pierre Philippe Denfert-Rochereau (1823-1878), colonel français, défendit victorieusement
la ville de Belfort contre les Prussiens en 1870 et 1871. Ceci permit au territoire
de Belfort de rester français à l'issue du traité de paix. Il donna son nom à
la place où fut érigée un lion colossal, par Bartholdi, réplique de celui de Belfort.
Le hasard fait que cette place s'appelait la place d'Enfer de 1760 à 1879. Elle
correspondait à la demi-lune qui se développait au-delà de la barrière d'Enfer
percée en 1784 dans le mur des Fermiers Genéraux. Les bâtiments de son octroi,
construits par Claude Nicolas Ledoux sont toujours là, l'un donne accès aux Catacombes,
l'autre abrite l'Inspection générale des Carrières de Paris. La rue d'Enfer, actuel
boulevard Saint-Michel, recouvre la voie romaine Via Inferior, origine du nom.
Mouton-Duvernet
Régis Barthélémy, baron Mouton-Duvernet (1769-1816), général français, fut nommé
gouverneur de Valence par Louis XVIII. Il se rallia à Napoléon pendant les Cent
Jours où il fut député. Cela lui valut d'être fusillé au retour des Bourbons.
Alésia
En 52 avant J-C, Vercingétorix se réfugia dans l'oppidum gaulois d'Alésia avec
les restes de son armée, après une attaque ratée contre les troupes de César.
Celui-ci fit le siège de la forteresse en l'entourant de deux rangées de fortifications.
L'armée de secours, forte de 250000 hommes ne parvint pas à forcer le passage.
Les assiégés capitulèrent. Au second Empire, une bataille d'érudits se déchaîna
pour situer le site d'Alésia. Certains désignaient le petit village d'Alaise dans
le Doubs, d'autres Alise-Sainte-Reine près de Semur-en-Auxois. Napoléon III tenta
de faire taire ces controverses par des fouilles autour de cette dernière entre
1861 et 1865. On y découvrit de très nombreux vestiges militaires attribués aux
Romains ainsi que des ossements, monnaies, meules à grain.
Porte d'Orléans
Ouverture dans la ligne de fortification qui s'ouvrait sur la route menant à la
ville d'Orléans. La station porte également le nom du maréchal Leclerc (1902-1947).
Philippe Marie de Hauteclocque, dit Leclerc, se rallia au général de Gaulle, se
distingua au Tchad, en Libye et en Tunisie de 1940 à 1943. En 1944, chef de la
Deuxième division blindée, il débarqua en Normandie, libéra Paris et Strasbourg.
Il fut commandant des troupes françaises en Indochine en 1945, puis inspecteur
des forces françaises en Afrique jusqu'à sa mort, survenue dans un accident d'avion.
Voir aussi : l'histoire de la ligne 4
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