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Porte de Clignancourt

L'ancien hameau de Clignancourt appartenait à l'abbaye de Saint-Denis. L'étymologie du nom provenait peut-être de Cleninus, antique propriétaire. En 1569, la seigneurie de Clignancourt fut vendue à Jacques Ligier, trésorier général du cardinal de Bourbon, qui y édifia une chapelle dédiée à la Sainte Trinité. L'ensemble fut racheté en 1669 par l'abbaye de Montmartre. Le hameau fut annexé à Paris en 1860, on donna son nom à la porte des fortifications qui le protégeait.


Simplon

Col à 2009 m d'altitude des Alpes suisses, entre le Valais et le Piémont, où Napoléon Ier fit édifier une route en 1807. A proximité, deux tunnels ferroviaires relient la Suisse à l'Italie, le premier ouvert en 1906, le second en 1922.


Marcadet-Poissonniers

La rue Marcadet tient son nom d'un lieu-dit : la Mercade, situé à la chapelle Saint-Denis. Peut-être qu'on y tenait un marché, Marcadus, à l'époque de la foire du Lendit. La rue des Poissonniers est l'ancien chemin des poissonniers emprunté dès 1307 par les marchands de poissons pêchés dans la mer du Nord.


Château Rouge

C'était une belle demeure, en pierre et briques, édifiée en 1780. Elle servit de poste de commandement à Joseph Bonaparte en 1814. La propriété fut divisée en 1844. Il ne resta bientôt plus que la partie centrale du pavillon qu'un certain Boboeuf transforma en bal public, très en vogue de 1848 à 1864. C'est là que se fomenta la révolution de 1848. Le bal du Château Rouge ferma en 1882 et fut démoli.


Barbès-Rochechouart

Le révolutionnaire Armand Barbès (1809-1870) fut député d'extrême gauche en 1848. Emprisonné cette même année, puis gracié en 1854 par Napoléon III, il préféra l'exil aux Pays-Bas.
Marguerite de Rochechouart de Montpipeau fut l'une des 46 abbesses de Montmartre. Elle dirigea le monastère de 1717 à 1727, pendant la régence de Philippe d'Orléans.


Gare du Nord

Point de départ de la Compagnie des Chemins de Fer du Nord, elle fut reconstruite en 1863 et 1864 par Hittorff. La partie principale, percée de trois arcades gigantesques, est surmontée d'un pignon que dominent les statues personnifiant Paris et huit grandes villes étrangères desservies par la compagnie.


Gare de l'Est

La Compagnie des Chemins de Fer de l'Est faisait partir ses trains de cet édifice bâti par Duquesnay. Gare Stratégique pour les fronts de l'est, elle fut transformée et agrandie à plusieurs reprises. En 1930, Varenne lui a sculpté les statues de Strasbourg et de Verdun en mémoire des guerres de 1870 et 1914-1918.


Château d'Eau

Au début du XIXème siècle, le carrefour de la rue du Faubourg-du-Temple et du boulevard du Temple formait une placette qui fut appelée jusqu'en 1879 : la place du Château d'Eau. Son nom venait de la fontaine de Girard qui la décorait depuis 1811. La placette devint la place de la République et la fontaine fut déplacée.


Strasbourg - Saint-Denis

La capitale d'Alsace, ville symbole des douloureuses rivalités du passé, donna son nom au récent boulevard de Stasbourg. Cette vaste artère taillée par le baron Haussmann, menait à l'embarcadère du même nom devenu depuis la gare de l'Est. Saint Denis, apôtre des Gaules et premier évêque de Paris, donna son nom à sa ville et à son abbaye. La rue qui porte son nom mène à la commune de Saint-Denis depuis les Mérovingiens. Elle finit par la porte de Saint-Denis, construite en mémoire des triomphes de Louis XIV en Hollande et en Allemagne.


Réaumur-Sébastopol

Le chimiste et physicien français René Antoine Ferchault de Réaumur (1683-1757) inventa le thermomètre à alcool et étudia les aciers et les insectes. Sébastopol, ville d'Ukraine, fut prise d'assaut pendant la guerre de Crimée en 1855 par les Franco-Anglais après une année de siège.


Étienne Marcel

Riche drapier (1316-1358), il devint prévôt des marchands de Paris. Il soutint les réformes proposées par une fraction de la noblesse aux Etats Généraux de 1355-1357. S'opposant au Dauphin, il chercha alliance avec les villes flamandes, puis avec le roi de Navarre. De plus en plus isolé, il fut assassiné par Jean Maillard, un des chefs du parti royaliste.


Les Halles

Jadis, le quartier ne comportait que des champs mis en culture sur d'anciens marais, les Champeaux. En 1135, le roi Louis XV le Gros y installa un marché public auquel Philippe-Auguste réunit, en 1183, la foire Saint-Ladre (ou Saint-Lazare). Pour abriter les marchandises, if fit construire deux bâtiments. On les appela les Halles. Au fil des siècles, elles s'agrandirent. Vers 1860, elles furent remplacées par dix pavillons construits par Baltard. Ce vaste marché fut transféré à Rungis.


Châtelet

En 1130, Louis VI le Gros édifia un petit château fort ou châtelet. Agrandi et remanié par les souverains successifs, il devint l'un des édifices les plus sinistres de tout Paris. La prévôté y siégeait. Des prisons occupaient l'aile est. Ce grand châtelet fut démoli entre 1802 et 1810. Les théâtres du Châtelet et Sarah Bernhardt sont de 1862.


Cité

La plus grande des îles était peuplée par la tribu celte des parisii du clan des Sénons. Deux passerelles reliaient les rives à l'île mais seule celle-ci était habitée. Les romains occupèrent Lutèce en 52 avant J-C Ils restèrent 500 ans et assurèrent sa prospérité. Ils édifièrent un temple en l'honneur de Jupiter. En 528, Childéric éleva une église dédiée à Notre Dame. En ruine, Maurice de Sully décida de la remplacer par une cathédrale dont le pape Alexandre III posa le première pierre en 1163. Tout fut terminé sous Philippe VI, soit environ 170 ans après. La cathédrale n'échappa ni aux XVIIème et XVIIIème siècles, époques néfastes pour le Gothique, ni aux outrages de la Révolution. Elle doit sa restauration à Victor Hugo qui réveilla les consciences et à Viollet-le-Duc qui l'entreprit.


Saint-Michel

Il est l'archange de Lumière qui triompha du prince des Ténèbres. De nombreux monuments lui sont dédiés. Le boulevard Saint-Michel et sa fontaine ne dérogent pas à cette évolution. La dite fontaine fut érigée en 1860, avec un Saint-Michel en bronze par Duret.


Odéon

D'abord, Théâtre-Français, il fut construit de 1779 à 1782 par Peyre et de Wailly à l'emplacement des anciens jardins de l'hôtel de Condé. En 1789, il devient Théâtre de la Nation, puis en 1793, Théâtre-Egalité. Fermé sous la Terreur, il rouvrit en 1797 sous le nom d'Odéon. Il brûla en 1799, fut restauré, et devint Théâtre de l'Impératrice. Il brûla de nouveau pour enfin rouvrir en 1819.


Saint-Germain-des-Prés

Childéric I, fils de Clovis, fit bâtir une basilique à la demande de Saint Germain, évêque de Paris. Ce dernier y fut inhumé, l'église prit dès lors son nom. On rajouta le qualificatif "des-Prés" pour la proximité des Prés-aux-Clercs et pour la distinguer de Saint-Germain-le-Vieux édifié dans la cité. Ravagée par les Normands, l'église fut reconstruite entre 990 et 1014. Ce sont ses vestiges et ceux de son abbaye qui sont encore visibles.


Saint-Sulpice

L'église actuelle, dédiée à Saint Sulpice, évêque de Bourges en 621, remplace une première église de 1211, devenue trop petite. Commencée par Gamard en 1646, sa construction fut longue et épisodique et se prolongea jusqu'en 1788.


Saint-Placide

La coutume le raconte comme disciple de Saint Benoît sauvé de la noyade par Saint Maur. La rue qui lui est dédiée fut percée en 1644.


Montparnasse-Bienvenüe

Une colline artificielle se dressait à l'actuel carrefour Montparnasse-Raspail, constituée par de séculaires amas de gravats. Les étudiants du début du XVII siècle l'appelaient avec humour le Mont Parnasse, résidence des dieux de la mythologie. Cette butte fut rasée en 1725, mais a donné son nom à l'artère qui fait partie de la série des boulevards de Midi dont la construction fut prescrite en 1704 par Louis XV.
Fulgence Bienvenüe (1852-1936) était ingénieur des Ponts-et-Chaussées. Comme Inspecteur Général de la Ville de Paris, il dirigea les travaux du métropolitain, l'oeuvre de sa vie. Jusqu'en 1910, la station se nommait Maine, à cause de la route qui conduisait au château du duc du Maine, fils légitime de Louis XIV. Entre 1910 et 1942, elle porta uniquement le nom de Gare Montparnasse, point de départ de la Compagnie des Chemins de Fer de l'Ouest pour la Bretagne.


Vavin

Alexis Vavin (1792-1863) était notaire. Elu député de Paris en 1839, il fit partie de l'Assemblée Constituante, puis de l'Assemblée législative. Favorable à la monarchie, il s'opposa au coup d'état de Napoléon III.


Raspail

François Vincent Raspail (1797-1878), chimiste, il devint populaire par ses ouvrages de vulgarisation scientifique et ses almanachs. Ardent républicain, il participa activement aux révolutions de 1830 et 1848. Elu député en 1848, il ne put siéger parce qu'incarcéré. Candidat malheureux à la Présidence de la République, il fut bannit en 1849 et se retira en Belgique jusqu'en 1863. Il finira sa carrière politique comme député des Bouches-du-Rhône.


Denfert-Rochereau

Pierre Philippe Denfert-Rochereau (1823-1878), colonel français, défendit victorieusement la ville de Belfort contre les Prussiens en 1870 et 1871. Ceci permit au territoire de Belfort de rester français à l'issue du traité de paix. Il donna son nom à la place où fut érigée un lion colossal, par Bartholdi, réplique de celui de Belfort. Le hasard fait que cette place s'appelait la place d'Enfer de 1760 à 1879. Elle correspondait à la demi-lune qui se développait au-delà de la barrière d'Enfer percée en 1784 dans le mur des Fermiers Genéraux. Les bâtiments de son octroi, construits par Claude Nicolas Ledoux sont toujours là, l'un donne accès aux Catacombes, l'autre abrite l'Inspection générale des Carrières de Paris. La rue d'Enfer, actuel boulevard Saint-Michel, recouvre la voie romaine Via Inferior, origine du nom.


Mouton-Duvernet

Régis Barthélémy, baron Mouton-Duvernet (1769-1816), général français, fut nommé gouverneur de Valence par Louis XVIII. Il se rallia à Napoléon pendant les Cent Jours où il fut député. Cela lui valut d'être fusillé au retour des Bourbons.


Alésia

En 52 avant J-C, Vercingétorix se réfugia dans l'oppidum gaulois d'Alésia avec les restes de son armée, après une attaque ratée contre les troupes de César. Celui-ci fit le siège de la forteresse en l'entourant de deux rangées de fortifications. L'armée de secours, forte de 250000 hommes ne parvint pas à forcer le passage. Les assiégés capitulèrent. Au second Empire, une bataille d'érudits se déchaîna pour situer le site d'Alésia. Certains désignaient le petit village d'Alaise dans le Doubs, d'autres Alise-Sainte-Reine près de Semur-en-Auxois. Napoléon III tenta de faire taire ces controverses par des fouilles autour de cette dernière entre 1861 et 1865. On y découvrit de très nombreux vestiges militaires attribués aux Romains ainsi que des ossements, monnaies, meules à grain.


Porte d'Orléans

Ouverture dans la ligne de fortification qui s'ouvrait sur la route menant à la ville d'Orléans. La station porte également le nom du maréchal Leclerc (1902-1947). Philippe Marie de Hauteclocque, dit Leclerc, se rallia au général de Gaulle, se distingua au Tchad, en Libye et en Tunisie de 1940 à 1943. En 1944, chef de la Deuxième division blindée, il débarqua en Normandie, libéra Paris et Strasbourg. Il fut commandant des troupes françaises en Indochine en 1945, puis inspecteur des forces françaises en Afrique jusqu'à sa mort, survenue dans un accident d'avion.


Voir aussi : l'histoire de la ligne 4
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