La Ratp (Régie Autonome des Transports Parisiens) naît de la loi du 21 Mars 1948, après de longues discussions et
une demi-douzaine de projets. Cette loi intervient
après la période des grandes nationalisations (comme par exemple celle
d'EDF). La France connaît de grandes difficultés économiques et l'objectif
du gouvernement était alors d'éviter l'existence de plusieurs sociétés
de transport en région parisienne. Le principal problème est qu'il n'y
a pas de véritable régie qui couvre toute la région.
L'autonomie est limitée : le président et le directeur général sont nommés en Conseil
des ministres. L'Office Régional des Transports Parisiens (ORTP), l'ancêtre
du syndicat des transports parisiens (STP) et à présent
du syndicat des transports d'Ile de France (STIF), est le bras séculier
de l'État. La
Ratp n'a pas les moyens de son développement : elle va devoir geler ses tarifs alors que la contribution financière de
l'État est limitée à 15% de ses recettes. De plus, le monopole est mis
en cause parce que le transport en banlieue éloignée sera effectué par
des transporteurs privés. Cinq ans plus tard, la contrainte de service
public et la contrainte financière conduiront à un déficit croissant et
surtout à un sacrifice des investissements.
Le système s'effondre, il va falloir songer à des réformes... Ce sera l'une des premières mesures de De Gaulle à son arrivée au pouvoir,
avec la réforme de structure du 7 janvier 1959. L'ORTP laisse la place
au STP qui se verra doté de pouvoirs plus étendus. L'État et les collectivités
locales vont assumer la contrainte de service public en renforçant leurs
contreparties financières. C'est
la naissance de l'indemnité compensatrice, versée par l'État à 70% et par les collectivités locales à 30%.
La situation perdure aujourd'hui : le poids de l'État est toujours aussi
important. Maintenant la question est de savoir s'il pourra maintenir
son engagement et, s'il se désengage, il faudra bien que chacun, pour
garantir la qualité du service public, participe : collectivités, dont
la région, les utilisateurs, les employeurs. Un sujet qui est à l'ordre
du jour avec le projet de réforme du STP devenu le STIF.
Voir aussi : l'histoire avant la Ratp

Voir aussi : l'histoire des transports parisiens

Voir aussi : l'histoire de la maison de la Ratp