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Le premier tronçon de la ligne 2 (Étoile - Porte Dauphine) fut mis en service le 13 décembre 1900, un mois après la fin de l'Exposition universelle.

Les travaux de ce tronçon furent simultanés à ceux de la ligne 1 et furent aussi dirigés par Fulgence Bienvenüe. Plus tard, la section comprise entre les stations Anvers et Colonel Fabien sera construite en viaduc sur 2 km pour franchir les voies des Chemins de fer de l'Est et du Nord établies en tranchées.

Comme pour la ligne 1, les sections souterraines de la ligne 2 présentaient une voûte elliptique présentant une hauteur de 5,20 m. Ses stations étaient ou bien voûtées ou bien à couverture métallique.

Une différence notable avec la ligne 1 fut l'abandon de l'utilisation du bouclier pour le percement des tunnels, ce dernier n'ayant pas donné entière satisfaction. En revanche, on utilise des procédés de fouille (faisant appel au boisage).



Sprague en circulation sur la ligne 2



Certains franchissements en sous-sol s'avérant impossibles ou compliqués, on préconisa la construction de viaducs sur une portion de la ligne 2.

Les critiques furent nombreuses. Certains spécialistes estimaient que le prix de revient d'un viaduc était deux fois plus élevé que celui d'un ouvrage équivalent en souterrain. De plus, certains considéraient que cela constituait un préjudice esthétique et une nuisance sonore indéniable. D'autres défendaient en revanche le projet en insistant sur le fait que le passage à l'air libre était tout à la faveurdes voyageurs. L'idée du viaduc sera retenue et mise en pratique par l'ingénieur Biette, adjoint de Bienvenüe.

Dès lors, le sous-sol hétérogène qui fut rencontré par endroit posa des problèmes de réalisation. Deux procédés furent alors mis en place : le battage de pieux en chêne et le fonçage de puits. Le plus étonnant reste encore le franchissement des importantes tranchées des lignes de Chemins de fer de l'Est et du Nord (correspondant aux gares actuelles), qui nécessita plusieurs portées de 75,25 mètres ! Ca ne rigolait pas à l'époque !!!
Quatre stations seront construites en viaduc sur la ligne 2.



Viaduc sur la ligne 2



A l'origine, la station Nation (terminus) était à trois voies pour servir ultérieurement à la future ligne 6, mais le projet fut abandonné.

Outre le tronçon Étoile - Porte Dauphine, ouvert le 13 décembre 1900, voici ce qu'il s'est passé :

le 7 octobre 1902, une partie plus longue de la ligne fut ouverte entre les stations Étoile et Anvers. En l'absence de boucles, les trains ne pouvaient faire demi-tour et étaient contraints de repartir en sens inverse. Pour ce faire, ils disposaient d'une motrice à chaque bout. Une innovation pour le matériel roulant de l'époque !!!

Le 31 janvier 1903, la ligne fut exploitée jusqu'à l'actuelle station Alexandre Dumas (nommée Rue de Bagnolet à l'époque) en attendant l'achèvement des travaux à la station Nation.



La station aérienne La Chapelle



Le 2 avril 1903, la ligne est ouverte dans son intégralité et équipée d'une boucle à chaque extrémité. Les trains peuvent enfin faire demi-tour !

Dès l'origine, les rames se composaient de 8 voitures (!!!) avec 2 motrices.

Le 10 août 1903 a lieu la catastrophe de Couronnes qui endeuille le métro parisien de 84 victimes.
Le sinistre trouve son origine dans un incendie sur un train, provoqué par un court-circuit, dans la station Ménilmontant. Les fumées toxiques qui s'en dégagent remontent jusqu'à la station Couronnes, plongée totalement dans le noir. C'est sur le quai de cette station qu'on compte la plupart des victimes.



La catastrophe de Couronnes



La catastrophe de Couronnes aura au moins eu un effet bénéfique : faire prendre conscience des problèmes de sécurité dans le métro et y apporter des solutions appropriées. De fait, les règles de sécurités sont accrues et des mesures sont prises :

- Création d'un encadrement de proximité sur les lignes.
- Repérage des sorties par des moyens lumineux et installation d'un éclairage de secours.
- Pose de postes à incendie provisoires (seaux d'eau à l'époque).
- Matériel roulant devenant plus résistant au feu.
- Motrices à loge de conduite métallique.
- Division de l'alimentation électrique (de traction) en secteurs, de façon à mieux maîtriser les courts-circuits.

Le terminus Nation de la ligne 2 est formé d'une large boucle située sous la Place de la Nation. Attention, voici à quoi ressemblent les voies du terminus :
La station comprend deux voies encadrant un quai central. Puis, chaque voie se dédouble pour desservir les garages, les deux raccordements avec les lignes 1 et 9, les deux voies d'accès à la galerie de remisage de Vincennes, elle-même donnant accès à un raccordement avec la ligne 1 et l'atelier d'entretien de Charonne. Il faut le relire plusieurs fois avant de comprendre !!!



Construction de la station Nation sur la ligne 2



L'atelier de Charonne qui assurait l'entretien des matériels roulants des lignes 1 et 2 fut exclusivement dévolu à la ligne 2 à partir de 1934 du fait de l'ouverture de l'atelier de Fontenay. Il fut reconstruit entre 1981 et 1983 et occupe désormais 10 900 mètres carrés !
Il est relié à la ligne 2 par un raccordement qui franchit la rue de Lagny par un passage à niveau avec barrière qui se trouve être le seul dans Paris !



Raccord avec la ligne 1 à Nation



Après la station Colonel Fabien, la ligne 2 emprunte une rampe de 40 ‰ pour sortir de terre et se placer sur son viaduc.
La première station aérienne est Jaurès. La ligne 2 serpente sur son viaduc en courbes et contre-courbes de 75 m de rayon, puis passe au-dessus de la ligne 7 bis, du canal Saint-Martin et de la ligne 7.
Elle franchit en une seule portée de 75,25 m la tranchée SNCF de la gare de l'Est. Puis un second franchissement de 2 viaducs de 75,25 m chacun pour passer au-dessus des voies SNCF de la gare du Nord.
La dernière station aérienne est Barbès - Rochechouart. La fin du parcours jusqu'à Porte Dauphine s'effectue en souterrain.


Voir aussi : l'histoire des stations de la ligne 2
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