Le métro (extrait de Floflo et les Dinosaures de Alex Fleischer)
Le métro parisien diffère du métro toulousain en bien des points. Il est plus vieux, il est plus grand, il est aussi très sale. Personne ne s'en vante, tout le monde s'en plaint. Dans la ville rose, le métro est un symbole de fierté. "Nous avons notre métro, Toulouse est une grande ville et les Parisiens sont des sauvages", peut-on entendre si on fait attention à ce que se disent les personnes qui n'ont presque rien à se dire. Enfin, oublions-les.
Le réseau toulousain n'est pas très étendu, il est composé d'une malheureuse ligne. Cette ligne peut se révéler particulièrement utile si l'on veut se rendre à Jolimont en partant de Basso Cambo. Sinon, si l'on ne possède pas encore de voiture individuelle, il faut alors se rabattre sur un bus en n'oubliant à aucun moment du trajet que l'on voyage dans un bus, pièce d'un réseau composé de bus et de métros. Si on essaie de l'oublier, un affichage situé au dessus des têtes vient rafraîchir les consciences. Les passagers du métro ont l'air sympathique et l'idiome qu'ils emploient tient certes du Français pour les mots et leur façon de s'enchaîner, mais la manière avec laquelle les passagers chantent au lieu de parler fait qu'il est impossible de les prendre au sérieux. L'usager du métro toulousain n'est pas sérieux.
Le passager parisien est plus qu'appliqué. Il est résigné. Il vient de parcourir d'un pas alerte plusieurs couloirs le plus vite possible. Il est pressé et rage de ne pouvoir, grâce à la force de son esprit, faire arriver la rame plus vite. Il est de mauvaise humeur, c'est son essence. Une seconde avant d'entrer dans le labyrinthe, il était encore un être humain, riche et heureux de rentrer à la maison ou de se rendre aux travaux forcés. Mais maintenant, il est prisonnier et attend la station désirée. Cette station, il l'attend de toute ses forces et de toute son âme. Cette concentration vers un seul objectif le crispe.
On peut rencontrer des gens de toutes les couleurs, mais des flâneurs, on n'en voit pas. Il faut reconnaître, pour être honnête, que le métro parisien présente une diversité que l'on n'a pas à Toulouse. On a le choix de la ligne. Certaines lignes sont plus bourgeoises que d'autres. L'ambiance varie aussi en fonction de l'heure. À minuit, il ne faut pas trop regarder les gens en face sinon ils peuvent penser qu'on les "cherche" du moins c'est ce qu'ils disent. "Tu me cherches".
Découvrir une nouvelle ligne, c'est presque découvrir une nouvelle région, un nouveau pays. La ligne A du RER est la ligne classe des hommes d'affaire qui n'hésitent pas à se battre comme des chiffonniers pour monter dans des rames qui sont déjà bondées. Si c'était pour ne pas être en retard au cinéma, je comprendrais, mais c'est encore pour les travaux forcés que ces personnes si bien habillées se battent.
La ligne D pour un habitué du RER A, c'est du tourisme pas cher. Si on fait comme les autres, c'est gratuit. C'est un peu l'Afrique, un peu l'Inde et la rue des Rosiers en plus grand. Le calme ne règne pas, je ne comprends aucune des langues utilisées. Ils sont tous peut-être en train de se demander comment ils vont faire pour me dépouiller. L'atmosphère est chaleureuse. Une habituée parlant ma langue me traduit un petit peu. Tout le monde a peur d'une descente de police, car des papiers d'identité, ils n'en ont pas.
En conclusion, le métro parisien, ce n'est pas la joie, mais la bio-diversité de sa faune n'est pas sans intérêt.
Tout le monde se plaint, il faut bien faire quelque chose. Mais voyager en métropolitain, c'est plus convivial que la voiture (même avec l'autoradio).
Si vous désirez vous aussi publier une nouvelle, ou un extrait, contactez-moi