Lundi 12 Mai 2008       2 161 575 visites       1 visiteur est connecté dont 1 membre   
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Les stations
Les accès au métro




Les stations

La station, c'est évidemment le lieu emblématique du métro parisien. Elle est l'un des symboles, par sa voûte elliptique, de reconnaissance du réseau. Cependant, toutes les stations ne sont pas voûtées : celles dont la profondeur est inférieure à 7 mètres au dessous du niveau de la chaussée revêtent un plancher métallique. La station a été construite à ciel ouvert : un plafond formé de longues barres métalliques et de petites voûtes briquetées et des piédroits latéraux verticaux.


Plancher métallique
Plancher métallique


La largeur de référence des stations est de 13.50 m pour deux voies et deux quais. La longueur initiale des stations fut fixé à 75 mètres. Si les premiers trains au cours de l'été 1900 ne comportaient que 3 petites voitures pour une longueur d'un peu plus de 26 mètres, aujourd'hui, hormis les lignes 3bis, 7bis et 11, toutes les stations sont occupées sur leur longueur entière. Dans les années 1960, les stations des lignes 1 et 4 furent allongées à 90 mètres à l'occasion de leur "pneumatisation" qui s'était accompagnée d'un allongement à 6 caisses au lieu de 5.

Ceci explique la présence des "cryptes" sur des stations à plancher métallique, l'allongement ayant été effectué dans le tunnel voûté : on ne trouve ce type d'aménagement que sur la ligne 1, aux stations Saint-Paul, Louvre-Rivoli, Palais Royal, Tuileries, Argentine, et Georges V.


Crypte aux Tuileries
Crypte aux Tuileries


Dans les années 1930, la Compagnie du métropolitain Parisien (CMP) décida de porter la longueur des stations à 105 mètres. Si la ligne 11 y échappe, les prolongements des lignes 7, 8 et 9 en ont bénéficié. Néanmoins, les trains de 105 mètres n'ayant jamais été généralisés (tout au plus quelques trains au cours des différentes expositions internationales tenues à Paris avant la guerre), aujourd'hui, plusieurs locaux techniques ont été installés dans l'espace inutilisé.


Local technique
Local technique


Les stations à voies multiples, le plus souvent liées à l'exploitation en terminus, sont généralement à plancher métallique. Les stations qui font exception sont rares :

• Porte de Montreuil, ancien terminus de la ligne 9 dont les 4 voies sont sous la même voûte
• Châtelet, terminus de la ligne 11, avec 3 voies
• Lourmel, sur la ligne 8, qui comprend une troisième voie en impasse pour l'accès aux ateliers
• Cluny La Sorbonne, sur la ligne 10, dont la voie centrale, sans quai, permet de relier les lignes 4 et 10
• Varennes, dont la troisième voie permet l'accès aux garages des Invalides
• Porte de Saint-Cloud, seule station à 5 voies à quai sous un plancher en barres de béton armé

Dans le cas du terminus du Château de Vincennes et de la station Porte Maillot (terminus reconstruit dans les années 1930), il s'agit de deux voûtes accolées accueillant chacune deux voies.


Porte de Montreuil
Châtelet sur la 11
Cluny La Sorbonne
Varennes
Porte de St-Cloud


A l'inverse, certaines stations ne possèdent qu'un seul quai enserré entre les deux voies : le cas le plus typique est celui de La Motte-Picquet, où dans la même station passent les rames de la ligne 8 pour Créteil et de la ligne 10 pour la Gare d'Austerlitz, une disposition liée à la reconfiguration de ces deux lignes à la fin des années 1930. Le quai central reste cependant une disposition assez rare, car réellement envisageable uniquement pour de faibles trafics. Enfin, quelques très rares stations, comme Eglise d'Auteuil, sur la boucle d'Auteuil de la ligne 10, ne comportent qu'une seule voie et un seul quai. Liège, Commerce et Anatole France constituent elles aussi de notables exceptions, avec des quais décalés en raison de la faible largeur de la rue sous laquelle est implantée le métro. Elles sont donc composées de deux demi stations de part et d'autre d'un carrefour.


Station à 1 quai


L'emblème du métro parisien, c'est évidemment le carreau de 20 cm de long et 10 cm de haut, en faïence de Gien. Il recouvre les couloirs et les voûtes. Le choix de ce revêtement est lié aux nécessités de luminosité : aux débuts du métro, les petites lampes ne généraient qu'une faible lumière blafarde plongeant le voyageur dans la pénombre. En outre, le carreau de faïence permet un entretien plus commode. Et quand bien même l'éclairage des stations a progressé, le carreau blanc est resté majoritaire dans l'ornement des stations.


Carreaux de faïence


La publicité est arrivée dans le métro peu après sa naissance. La CMP choisit un ornement des panneaux publicitaires dans les tons marron vert tendre, avec, au sommet du panneau, le monogramme de la CMP. Le nom de la station est inscrit sur une plaque émaillée bleue avec lettres blanches. La création de la Compagnie du Nord-Sud occasionna une course à l'embellissement des stations. Le Nord-Sud reconduit le carreau de faïence blanc, pour les mêmes raisons de luminosité et de commodité, mais choisit de marquer sa différence en jouant sur la couleur : le bleu est associé au vert dans les stations de correspondance, tandis que les encadrements ocre désignent les stations ordinaires. Ainsi, à la station Solférino, le nom de la station est entouré d'une ocre, tandis qu'à celle de la place de Clichy, l'encadrement est vert, puisqu'une correspondance est possible.


Carrelage Nord-Sud vert
Carrelage Nord-Sud marron
Carrelage Nord-Sud bleu
Carrelage Nord-Sud vert
Monogramme Nord-Sud
Station Concorde


Pour le nom des stations, le Nord-Sud pousse le raffinement jusqu'à dessiner les lettres avec du carreau blanc découpé dans un encadré de carreaux bleus, le tout entouré d'un motif d'encadrement vert, portant le monogramme du Nord-Sud. Enfin, au dessus du tunnel, à chaque extrémité de quai, le Nord-Sud avait fait mentionné la direction, en lettres de faïence bleues.


Lettres en carreau blanc
Direction


Ce sont les différences les plus visibles entre les stations CMP et les stations du Nord-Sud, alors que celles-ci présentent une notable différence de constitution : les piédroits sont verticaux dans les stations du Nord-Sud, alors que les voûtes de la CMP sont rigoureusement elliptiques. Il est d'ailleurs à noter que la CMP empruntera au Nord-Sud la technique du découpage des carreaux blancs et bleus pour l'inscription du nom de la station.

Dans les années 1930, l'éclairage progresse, mais il faut attendre la fin des années 1940 pour voir se généraliser l'éclairage au néon qui met enfin en lumière les voûtes du métro... mais celles-ci ont alors besoin d'un ravalement poussé. Plutôt que de les rénover à l'identique, la toute jeune Ratp décide de donner un coup de jeune au réseau, en mettant plus encore en valeur la publicité. Elle recourt à la technique du carrossage : la partie "quai" de la voûte est recouverte d'une paroi métallique qui englobe le nouvel éclairage. Le nom de la station est mentionné en lettres jaunes sur fond marron, tandis que la couleur du carrossage varie, dans des teintes cependant typique des années 1950, comme le vert tendre, l'ocre, le jaune paille...




Carrossage à F.Roosevelt
Carrossage aux Sablons
Carrossage aux Sablons


La toute première station rénovée fut Franklin D. Roosevelt, en 1948, sur les lignes 1 et 9. La station de la ligne 1, à plancher métallique fut transformée pour en améliorer son accès avec une passerelle supérieure, tandis que ces quais ont été décorés de vitrines en aluminium et de reproductions d'oeuvre en gémail. Toujours sur la ligne 1, la station Champs-Elysées Clémenceau reçut des vitrines d'expériences du Palais de la Découverte, celle de la Chaussée d'Antin sur la ligne 9 rappelle la présence des grands magasins.


Chaussée d'Antin
Chaussée d'Antin
Concorde


Le carrossage ne fut pas généralisé, puisque l'opération ne s'est finalement étendu que sur la période 1948 - 1959. Dans les années 1960, la Ratp choisit de revenir au carreau de faïence et tenta quelques variations colorées : à Opéra et Saint Lazare avec deux tons de bleus et de grosses lettres plastiques blanches posées sur celui-ci. En 1965, la station Mouton-Duvernet donne lieu à un essai en carreaux rouges et oranges, alors que la partie de la voûte au-dessus des voies perdait son carrelage au profit d'une peinture sombre. Quelques stations furent traitées de la sorte, sans réel succès.


Saint-Lazare
Opéra
Carrelage jaune et orange
Carrelage jaune et orange


Dans les années 1970, le prolongement en banlieue du métro donne naissance à des stations de forme parallélépipédique, dans lesquelles les couleurs criardes de cette époque eurent l'occasion de s'exprimer. En 1975, la Ratp relance la modernisation du métro, et mise sur l'éclairage, avec l'adoption du style dit Motte, reconnaissable au caisson de couleur intégrant les néons d'éclairage, tandis que les parois retrouvaient le carrelage blanc, mais d'une découpe différente, sans le chanfrein si caractéristique du carreau initial. Le nom de la station est apposé sur une plaque d'émail bleu, en majuscules, dont les dimensions sont agrandies et pratiquement doublées pour améliorer la lisibilité.

Au début des années 1990, c'est un nouveau style d'éclairage qui est choisi, appelé "Ouï-dire", identifiable par ses éclairages sur supports en aluminium incurvé, très esthétique, et osant un léger jeu de couleurs sur la partie sommitale de la voûte. C'est d'ailleurs ce modèle qui a été retenu dans le cadre des rénovations des stations... Une rénovation qui s'est accélérée depuis le début des années 2000, avec pour principal objectif de revenir aux fondamentaux de l'architecture du métro parisien, tout en gommant quelques imperfections, comme la présence de divers câbles électriques. Le carreau métro fait son grand retour, les décarrossages donnent parfois l'occasion de redécouvrir furtivement les anciennes décorations... Mais une station mérite à elle seule une visite : Arts et Métiers sur la ligne 11, entièrement recouverte de cuivre, véritable Nautilus informant de la présence du Conservatoire National des Arts et Métiers.


Style Ouï-dire
Arts et Métiers
Arts et Métiers


Enfin, en 1998, Météor est livré au public qui découvre un métro automatique dont les stations ont fait l'objet d'une véritable recherche architecturale. La voûte emblématique a été conservée dans ses principes : le plafond des stations est bien voûté, à l'exception des stations de la Gare de Lyon et du terminus de la Bibliothèque François Mitterrand qui ont fait l'objet d'un traitement particulier, monumental et ô combien surprenant : la première donne sur un jardin de la Maison de la Ratp tandis que la deuxième a pris des allures de cathédrale. Mais les dimensions des stations détonne : des rames de 8 voitures pourront être reçues sur les 120 m de quai, dont la largeur a été doublée par rapport aux stations historiques. La faïence de Gien a cédé la place au béton, dans des tons chauds, avec un éclairage performant sans être agressif. Seul défaut, à la station Madeleine, un problème d'infiltrations d'eau entraîne des dégradations sur les murs et une odeur qui ne laisse pas les narines indifférentes...


Jardin de Gare de Lyon
Cathédrale F.Mitterrand
Infiltrations à Madeleine


A l'occasion du centenaire du métro, la Ratp a choisi d'illustrer certaines stations avec des thèmes précis : le patrimoine aux Tuileries, le sport à Villejuif Léo Lagrange, l'Europe à Europe, la création à Saint-Germain-des-Prés, l'écologie urbaine à Luxembourg, la musique à Carrefour Pleyel, la santé à Pasteur, le cinéma à Bonne Nouvelle, et enfin "Ils ont fait le métro" à Montparnasse-Bienvenüe.

Reste la question des couloirs. L'organisation fonctionnelle des stations repose sur la possibilité d'arriver sur n'importe quel quai dans n'importe quelle direction quel que soit l'accès emprunté. Le voyageur passe d'abord par la salle des billets, choisit sa direction au moment du franchissement de la barrière de contrôle. Au delà, il descend sur le quai. Plusieurs facteurs expliquent la longueur des couloirs : outre la multiplicité des accès, les contraintes d'implantation des tunnels ont conduit à jongler entre l'interdiction de passer sous les immeubles, de composer avec les réseaux déjà présents en souterrain, la profondeur de la station et, pour les stations de correspondance, avec la multiplicité des combinaisons de trajet.




Couloir
Couloir


Fulgence Bienvenüe avait adopté le principe des couloirs pour constituer des "sas de rétention" des voyageurs : visionnaire, prédisant le succès de son oeuvre, il avait conclu à la nécessité de couloirs assez longs pour éviter de concentrer les voyageurs sur les quais. Les couloirs favorisent un écoulement plus régulier des voyageurs. Pourtant, il fut mis en place à partir de 1921 des portillons fermant les accès aux quais pendant le stationnement d'une rame afin d'éviter la cohue. Ils étaient commandés soit automatiquement par une pédale sur la voie que déclenchait l'arrivée de la rame, soit par les agents de la station. Ces équipements ont quasiment disparu, ils demeurent désormais rarissimes sur le réseau. L'augmentation de la capacité de transport permet aujourd'hui un écoulement plus régulier des voyageurs, encore qu'à la moindre perturbation du service, les rames n'arrivent plus à absorber un flot de voyageur pouvant atteindre le millier de voyageur à la minute. Mais avec 16 lignes de métro et 5 de RER, les couloirs sont des éléments incontournables.


Portillon automatique


Les plus longs couloirs ont été équipés de tapis roulant, à Châtelet (où le RER passe au pied de l'église Saint-Eustache et la ligne 7 à l'opposé le long de la Seine) et à Montparnasse, où la disposition des stations correspond à l'ancienne implantation de la gare, qui fut reconstruite en 1965 et reculée vers le sud : la tour Montparnasse occupe l'ancien emplacement de la gare de départ des trains. C'est entre les deux parties de la station, qui constituaient auparavant deux ensembles baptisés Montparnasse et Bienvenüe, avant de fusionner, qu'est implanté le célèbre trottoir roulant rapide capable de transporter ses voyageurs à 9 km/h




Tapis de Châtelet
Tapis rapide de Montparnasse
Tapis lent de Montparnasse


Bien avant Météor ou encore le RER, les ascenseurs équipèrent à l'origine les stations à grande profondeur, notamment dans l'est parisien, à Saint-Fargeau, Pelleport, Porte des Lilas, Buttes Chaumont, mais aussi à Saint Michel, Abbesses, et Cité, dans les cylindres métalliques. En particulier à Cité, il faut remarquer le splendide escalier métallique d'une seule volée situé au-dessus des voies, suspendu dans le vide, qui se sépare à proximité des quais pour accèder aux deux quais. Moins spectaculaire, la passerelle de la station Châtelet sur la ligne 7 mérite elle aussi un coup d'oeil.


Ascenseur à Abbesses
Escaliers à Abbesses
Ascenseurs à Cité
Ascenseurs à Cité


Les accès au métro

Mis en service en 1900, le métro débarque en pleine époque Art Nouveau. Hector Guimard, architecte lyonnais, fut retenu pour les accès du métro parisien et conçoit un système d'éléments modulaires en fonte moulée aux motifs en forme de feuilles, dans une teinte verte assez surprenante. Très vite, la CMP lui demande de créer une signalétique des accès, qui ne comportent initialement qu'une plaque "Chemin de fer métropolitain, station de...". Hector Guimard, dont le style très audacieux est déjà surnommé "nouille" en raison de ses formes arrondies et parfois tortueuses, dessine les candélabres arrondies, qui, de chaque côté de l'escalier vont soutenir une plaque d'émail comportant l'inscription métropolitain dans une police de caractère créée par Hector Guimard. Ces candélabres suscitent autant d'admirateurs que de détracteurs, jugeant le lampadaire rouge comme un symbole phallique témoignage d'une époque de débauche...

Hector Guimard dessine aussi des ouvrages spéciaux appelés édicules mettant les escaliers à l'abri. A l'Etoile et à la Bastille, Guimard prend le pari d'un même style très osé dans des quartiers aux bâtiments pourtant très différents : les pagodes de style asiatiques vont cotoyer les immeubles de luxe des Champs-Elysées et de l'Arc de Triomphe, aussi bien que la gare du chemin de fer de Vincennes et la colonne du Génie de la Bastille... Guimard commence à agacer. Pourtant, ses accès s'accommodent de bien des situations, de largeur de trottoirs, comme en témoigne les accès étroits de Réaumur-Sébastopol, Cadet, Château d'Eau par exemple.

Un peu moins osé, mais toujours aussi surprenant, les édicules Guimard prennent plusieurs styles, dont le plus célèbre est la Libellule, que l'on retrouve au dessus des escaliers de plusieurs stations d'importance, comme Nation, Gare de Lyon, Porte de Vincennes, Porte Maillot, Hôtel de ville : la couverture des escaliers est soit métallique soit vitrée. Malheureusement, le style Guimard est abandonné en 1909 et ses oeuvres seront progressivement détruites jusqu'au milieu des années 1960. Ainsi, la pagode de l'Etoile disparaît dans l'entre deux guerres, remplacée par des accès en pierre de taille, tandis que celle de la Bastille survivra jusqu'en 1963, victime de la pneumatisation de la ligne 1 qui nécessite de dégager le gabarit en hauteur.

On peut dresser la liste des édicules particuliers : celui de la Porte Dauphine est certainement le plus beau, d'autant qu'il est d'origine. La Ratp l'a entièrement démonté pour le rénover. Il a retrouvé toute sa splendeur, dans un écrin de verdure qui en font un objet d'art parfaitement intégré à son environnement pourtant luxueux et au style plus conventionnel. Celui de la place des Abbesses était jusqu'aux années 1970 implanté à la station Hôtel de ville, rue Lobeau. C'est là une "erreur historique" : Guimard était en contrat avec la CMP et la station des Abbesses est située sur la ligne 12... ex Nord-Sud !


Edicule à Abbesses